Poèmes bilingues français-viêtnamiens
Nguyễn Chí Thiện 1
Chers ami(e)s,
J’ai déjà rendu hommage au poète dissident Nguyễn Chí Thiện, décédé le 2 octobre dernier, sur ma page http://terrelointaine.over-blog.fr/article-un-grand-poete-vient-de-mourir-110836347.html .
Ci-après la traduction française de quelques poèmes de son recueil Hoa địa ngục / Fleurs de l'enfer (Ed. Đường mới, La voie nouvelle, 1985), avec l'autorisation de leurs traducteurs.
Dông Phong
Sources :
http://thongtinberlin.de/tailieu/hoadianguc.htm
Xưa Lý Bạch
Nguyễn Chí Thiện
Xưa Lý Bạch ngẩng đầu nhìn trăng sáng
Rồi cúi đầu thương nhớ quê hương
Nay tôi ngẩng đầu nhìn nhện giăng bụi bám
Cúi đầu giết rệt nhặt cơm vương
Lý Bạch rượu say gác lên bụng vua Đường
Tôi đói gác lên cùm rỉ xám
Lý Bạch sống thời độc tôn u ám
Phong kiến bạo tàn chưa có tự do
Tôi sống thời cộng sản ấm no
Hạnh phúc tự do thiên đường mặt đất
Rủi Lý Bạch, mà may tôi thật !
(1967)
Traduction par B.X Quang :
Autrefois, Li
Bai*
Autrefois, Li Bai leva les yeux. La lune luit.
Il baissa alors la tête, la terre natale, par son souvenir, le déchira.
Aujourd’hui, je lève les yeux : poussière et toiles d’araignée.
Puis je baisse la tête et j’écrase quelques punaises,
Et je récupère quelques grains de riz égarés.
Li Bai laissait reposer ses pieds sur le ventre du roi Tang,
Il était ivre.
Mes pieds reposent dans ces fers rouillés,
Mon corps se vide, j’ai faim.
Li Bai vivait au temps de la monarchie aveugle,
Féodalité, cruauté barbare, sans liberté aucune.
Je vis le temps de l’Abondance communiste,
Bonheur et Liberté à profusion,
Le paradis sur terre.
Quelle infortune pour Li Bai, mais quelle chance pour moi !
* Li Bai (701-762), célèbre poète chinois de l'époque Tang, qui s'est noyé dans une rivière en essayant d'embrasser la lune.