Poèmes bilingues français-viêtnamiens
Chers ami(e)s,
Par ces temps où l’on s’entretue à cause de l’intolérance générée par des croyances sectaires, il est sûrement utile de méditer sur ce texte extrait du livre Pensée Sentiment Corps du Vénérable Thích Trí Siêu que j’ai eu l’honneur de traduire (http://terrelointaine.over-blog.fr/article-pensee-sentiment-corps-122797945.html ).
Dông Phong
Dans le Sutra de Kalama, il est raconté la visite du Bouddha à la ville de Kesaputha, où les gens de la tribu Kalama lui posèrent la question : « Il y a des prêtres, des brahmanes, qui expliquent, prêchent, et propagent leur religion en dénigrant et en méprisant les croyances des autres. Donc de ces prêtres, qui dit la vérité, qui dit des mensonges ? »
Le Bouddha leur répondit :
Ô gens de Kalama,
Ne croyez en ce qu’on vous rapporte,
Ne croyez pas parce que c’est la tradition,
Ne croyez pas parce que c’est une rumeur,
Ne croyez pas ce que les livres sacrés ont transmis,
Ne croyez pas parce que c’est un raisonnement transcendant,
Ne croyez pas parce que c’est conforme à un point de vue,
Ne croyez pas parce qu’on a évalué superficiellement les données du problème,
Ne croyez pas parce ce que cela est conforme aux idées établies,
Ne croyez pas parce que cela provient d’une autorité,
Ne croyez pas en les prêtres qui se proclament vos maîtres.
Mais, gens de Kalama, quand vous saurez par vous-mêmes que telles règles sont bienfaisantes et non fautives, que telles règles ont reçu des compliments de la part des sages, de telles règles, une fois appliquées, apporteront du bonheur, la paix. Alors, gens de Kalama, vous pouvez les suivre et vous y réfugier en sécurité.
À travers son enseignement précédent, il nous faut reconnaître que le Bouddha n’est pas un gourou dictateur, il n’a jamais obligé ses disciples à le suivre aveuglément, et cet enseignement ne comporte pas de « croyance excessive en soi » ni de « surestimation des rites et des observances ».