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Poèmes bilingues français-viêtnamiens

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Hàn Mặc Tử (8)


Hàn Mặc Tử (8)

 

Voir l’Introduction du 09/12/2007.

 

Hồn lìa khỏi xác

 

Há miệng cho hồn văng lên muôn trượng,
Chơi vơi trong khí hậu chín từng mây.
Ánh sáng lại sẽ tan vào hư lãng,
Trời linh thiêng, cao cả gợi nồng say...

Vì không giới, nơi trầm hương vắng lặng,
Nên hồn bay vùn vụt tới trăng sao,
Sóng gió nổi rùng rùng như địa chấn,
Và muôn vàn thần phách ngả lao đao.

Cả hơi hám muôn xưa theo ám ảnh,
Hồn trơ vơ không biết lạc về đâu?
Và vướng phải muôn vàn tinh khí lạnh,
Hồn mê man bất tỉnh một hồi lâu.

Rồi sảng sốt bay tìm muôn tử khí,
Mà muôn sao xa cách cõi hoang sơ.
Hồn cảm thấy bùi ngùi như rớm lệ,
Thôi hồn ơi, phiêu lạc đến bao giờ!

Hồn hãy thoát ly ra ngoài tâm tưởng
Là hồn đừng nghĩ ngợi đến hồn trong,
Cứ để mặc hồn ngoài bay lưởng vưởng,
Ngao du cùng khắp cõi trí mênh mông.

Xác ta sẽ hút bao nguồn trăng loạn,
Ngấm vào trong cơ thể những hoa hương,
Và sẽ thở ra toàn hơi thở sáng,
Để trên cao, hồn khỏi lộn màu sương.

Rồi hồn ngắm tử thi hồn tan rã,
Bốc thành âm khí loãng nguyệt cầu xa.
Hồn mất xác, hồn sẽ cười nghiêng ngả,
Và kêu rêu thảm thiết khắp bao la...

Ôi hồn thiêng liêng không hề chết đặng,
Làm sao hồn chẳng hiểu nghĩa vô biên.
Ngày tận thế là ngày tán loạn,
Xác của hồn, hồn của xác y nguyên.

 

Đêm nay ta khạc hồn ra khỏi miệng,
Để cho hồn đỡ bớt nỗi bi thương,
Nhưng khốn nỗi xác ta đành câm tiếng,
Hồn đi rồi, không nhập xác thê lương.

 

                             (Đau thương)

  

Traduction par Đông Phong :

 

Quand l’âme quitte le corps

 

J’ouvre la bouche pour que mon âme s’élance très haut dans le firmament,

Toute seule au-dessus de tous les nuages, dans la stratosphère,

Où la lumière se dissout dans le néant,

Dans le ciel sacré, si élevé dans l’ivresse…

 

Dans le vide, où même l’encens est absent,

L’âme s’envole vers la lune et les étoiles à toute vitesse,

Où les vents ébranlent tout, comme un séisme sur la terre,

Où une multitude d’âmes défuntes s’accroche difficilement.

 

Accompagnée malgré elle par d’innombrables antiques puanteurs,

L’âme perdue ne sait plus où elle s’est égarée,

Et trébuchant sur les immenses stellaires froideurs,

Elle perd connaissance pendant une longue durée.

 

Se réveillant en sursaut, elle s’envole chercher d’autres émanations de la mort,

Sur des myriades d’étoiles bien loin de ce lieu sauvage,

Et les larmes aux yeux elle pleure sur son sort,

Eh mon âme, jusqu’à quand continueras-tu ton aventureux voyage !

 

Ô mon âme, libère-toi de toute pensée,

Ne te préoccupe pas de ton âme intérieure,

Laisse virevolter ton âme extérieure,

Qu’elle puisse vagabonder dans l’immensité des spirituelles contrées.

 

Mon corps aspirera les sources de la folle lune,

Et dans mon organisme les fleurs imprégneront leurs parfums,

Ensuite mon expiration n’exhalera que de lumineux embruns,

Pour que là-haut, l’âme ne se perde pas dans les couleurs de la brume.

 

Puis en contemplant mon cadavre l’âme se dispersera,

Et s’envolera comme une humeur yin vers l’astre lunaire,

Ayant perdu le corps, l’âme poussera un renversant fou rire,

Tout en se lamentant dans toute l’étendue de l’au-delà…

 

Oh, mon âme sacrée ne mourra jamais,

Elle ne manquera pas de comprendre le sens de l’infini.

La fin du monde est un jour de désordre et de souci,

Le corps de l’âme et l’âme du corps seront comme au premier jour éternisés.

 

Cette nuit je crache mon âme par la bouche,

Pour la soulager, tellement elle souffre,

Mais malheureusement mon corps doit se taire,

L’âme est partie, elle ne reviendra pas dans ce corps froid et solitaire.

 

                          (Souffrances)

 

(Extrait de : Đông Phong, Des poètes de ma terre lointaine, Publibook, 2008).

 

Note.

Ce poème extrait du recueil Đau thương ou Souffrances (publié après sa mort) exprime un des délires du poète tourmenté corps et âme par sa terrible maladie, la lèpre, surtout lors des nuits de pleine lune qui, dit-on, sont des moments très douloureux pour les lépreux.

 

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F
Il a du souffrir le martyrAmitiés, Flo
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D
<br /> Oui Flo, c'était horrible, d'après les témoignages que quelques uns des amis ont rapportés.<br /> Bonne soirée, très amicalement.<br /> <br /> <br />
J
A la lecture de ce poème on perçoit la souffrance et le tourment de ce poète.Bonne journée à toiJY
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D
<br /> Oui, JY, ce terrible poème est très différent des chants d'amour du poète que j'ai publiés précédemment.<br /> Bonne semaine à toi,<br /> Bien amicalement.<br /> <br /> <br />
D
Légèreté de l'Ame dans un poème aux mots graves et lourds de sensPuisse-t-elle voler légère, légère et libre... Bonne semaine Dong Phong !
Répondre
D
<br /> Ce qui est remarquable, Danièle, c'est que Han Mac Tu ait pu continuer à nous offrir sa belle poésie malgré ses souffrances, avant de mourir à 28 ans.<br /> Bonne semaine, bien amicalement.<br /> <br /> <br />
V
Bonjour de VITA
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D
<br /> Merci de votre visite, VITA.<br /> Bien amicalement.<br /> <br /> <br />
A
Terrible maladie,que celle-là.Ce poete,a bien su faire sortir ,par des mots,la souffrance qu'il endurait,un véritable calvaire,pour une très mauvaise maladie,pas encore tout à fait éradiqué.Bonne nuit,mon ami.Aimée
Répondre
D
<br /> Han Mac Tu nous a légué une oeuvre magnifique malgré sa souffrance.<br /> Bonne semaine, Aimée, bien amicalement.<br /> <br /> <br />