Poèmes bilingues français-viêtnamiens
Athanase Vantchev de Thracy
Suite aux traductions des Poètes de ma terre lointaine, j’ai eu le plaisir de recevoir une correspondance très chaleureuse de Monsieur Athanase Vantchev de Thracy, « sans doute
l’un des plus grands poètes contemporains français », qui m’a en outre généreusement offert son dernier recueil bilingue de poésies Et la mer
devenait chant / And the sea became song (Éditions de l’Université « Saints Cyrille et Méthode », Veliko Tarnavo, 2007, 439 p.).
« Né le 3 janvier 1940 à Haskavo en Bulgarie, cet homme d’immense culture, parlant plusieurs langues, poursuit, pendant plus de dix-sept ans, des études supérieures dans les universités les plus prestigieuses d’Europe où il fait la connaissance approfondie de la poésie mondiale. Athanase Vantchev de Thracy est l’auteur de 28 recueils de poésies (en vers classiques et en vers libres) couvrant presque tous les spectres de la prosodie : épopées, odes, sonnets, idylles, pastorales, motets, ballades, élégies, rondeaux, épodes, satires, hymnes, thrènes, lais, épigrammes, épigrammes, épitaphes, virelais, etc. Il publie une série de monographies et une thèse de doctorat sur La symbolique de la lumière dans la poésie de Paul Verlaine. Il rédige, en bulgare, une étude sur le grand seigneur épicurien Pétrone surnommé Petronius Arbiter elegantiarum, favori de Néron, auteur du Satiricon, et une maîtrise, en langue russe, intitulée Poétique et métaphysique dans l’œuvre de Dostoïevski » (Présentation par l’éditeur).
Monsieur Athanase Vanchev de Thracy m’a autorisé à publier ses Deux quatrains avec leur traduction en viêtnamien que j’ai réalisée. Qu’il me soit permis de le remercier de sa gentillesse et de sa générosité.
Dông Phong
Deux quatrains
d’Athanase Vantchev de Thracy
I.
J’aime, j’aime vos yeux, Madame, couleur de véronique,
Cet infini azur où, comme une aile blessée,
Une larme parfois vient troubler l’éternité
De sa clarté profonde comme une épure tragique !
II.
Ce pont qui nous unit, Madame, et nous sépare,
Le gouffre doux du temps, les mots enténébrés !
Cet absolu qui hante les cœurs démesurés
Et pose le sceau de l’âme au fond de nos regards !
Traduction par Dông Phong en viêtnamien :
Hai bài tứ tuyệt
I.
Tôi yêu, yêu mắt Nàng, màu hoa thủy,
Xanh thẳm, nơi như một cánh chim gẫy,
Một giọt lệ khuấy động tính vĩnh vàng
Như ánh thâm tinh vẽ bức tranh oan !
II.
Cầu này vừa nối vừa tách đôi ta,
Nàng ơi, vực dịu thời gian, chữ nhòa !
Tinh khí ám ảnh trái tim vô tận
Và để hồn đặt dấu vào đáy mắt !