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Poèmes bilingues français-viêtnamiens

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Gazage

 

Chers ami(e)s,

Il y a cinq ans, ma petite-fille Margaux nous a déjà offert le poème « Un petit poisson » (voir : http://terrelointaine.over-blog.fr/article-18371368.html). Aujourd’hui elle nous propose une composition littéraire inspirée par les terribles tableaux de David Olère.

Dông Phong

 

 

David-Olere.jpg 

  

Gazage

 

Être entassés les uns contre les autres

Dans une salle sans aucune échappatoire

Et être plongés à moitié dans le noir

À part la lumière émise par une ampoule

Lumière blafarde qui donne la chair de poule

Rien…

Ils ne sont rien, condamnés, impuissants

Ils comprennent : c’est la mort qui les attend

Ils ressemblent déjà à des cadavres

Nus, les os apparents, la mine grave

Ils crient, ils hurlent devant cette horreur

Ils ont déjà perdu tout leur honneur

Rien…

Ils crient, ils hurlent leur désir de vivre

Avec pour seul espoir qu’on les délivre

Rien… c’est la fin

« Ils », mais qui au juste ?

Des hommes, des femmes, des vieux, des enfants 

Qui n’ont rien demandé, faibles, impuissants

Entassés, qu’importe l’âge, ils vont mourir

Pour avoir commis le seul crime d’être juif

La souffrance sur leurs visages, ils veulent s’enfuir

Ils grimpent, montent pour chercher un peu d’air

Mais c’est fini, ils ne peuvent plus rien faire

Les mères serrent fort leurs enfants dans leurs bras

C’est fini, on ne peut arrêter çà

La mort tellement abominable

La mort si injuste et redoutable

Ils sont impuissants face au gaz mortel

Avec pour seul choix de monter au ciel

Partir…

 

Loin d’ici

Loin du monde

Des vivants inhumains

De l’horreur, de la peur

De la vie, de la mort….

 

                           Margaux J.

 

Note : David Olère (1902-1985) est né à Varsovie de parents juifs. Pendant 20 ans il a un lien direct avec le monde de l’art, qui cessera suite à son arrestation en 1943. Naturalisé Français en 1937, il est interné à Drancy puis déporté à Auschwitz le 2 mars 1943. Il y sera sélectionné pour le travail, et sera témoin et acteur de la disparition des corps qu’il transportera et brûlera. Revenu à Noisy-le-Grand, il ne nourrira plus son art (dessins, peintures et sculptures) que dans une perspective de témoignage. Ses dessins sont les premiers témoignages visuels de cet effroyable camp d’extermination.

Sa biographie est sur http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Ol%C3%A8re .

 

 

 

 

 

 

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J
<br /> Tableau édifiant, poème d'une sensibilité incomparable,d'une émotion absolue, les deux oeuvres en témoins de ce que peut-être la monstruosité de l'être .........inhumain,  qui hélas se<br /> perpétue chaque jour encore.<br /> <br /> <br /> Merci in memoriam à David Olère et à Margaux  bien vivante, de faire en sorte que tous ces malheurs ne s'oublient pas..........à force , peut-être qu'un jour , certains hommes<br /> deviendront...........humains !!!<br /> <br /> <br /> Merci Dông Phong d'être passeur du talent si émouvant de ta petite fille.<br /> <br /> <br /> Amitiés,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Jakez<br />
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D
<br /> <br /> Merci, cher Jakez, d'avoir apprécié le poème de ma petite-fille.<br /> <br /> <br /> Elle sera sûrement ravie de l'apprendre.<br /> <br /> <br /> Bien amicalement.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />