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Poèmes bilingues français-viêtnamiens

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Jardin sauvage 1

Introduction. Hier, à l’occasion d’un petit apéritif sans façon que nous nous offrons habituellement entre voisins, mon ami Guy Savatier m’a montré et confié des écrits, en grande partie des manuscrits inédits (poésie, théâtre, romans, essais, etc…) de feue Madame sa mère, Yvonne, née en 1911 et décédée en 1999. J’ai passé une bonne moitié de la nuit à parcourir ces documents vieillis, et particulièrement des poèmes rassemblés dans ‘Jardin sauvage’ (publié en 1988). Ému par leur beauté souvent remplie d’une rare violence, et avec la permission de Guy, j’en reproduirai quelques uns à la place de mes propres textes dans ce blog. Dông Phong.


Yvonne Savatier, Jardin sauvage.

AMOURS MORTES

Monsieur le balayeur s’il vous plaît

Balayez les amours mortes

Poussez-les en un même tas

Pour en faire un grand feu de bois


Entendez-les pleurer

Comme des enfants morts-nés

Implorant Dieu leur Père

De les rendre à leur terre


Où voir ces fantômes légers ?


Dans l’arc-en-ciel effacé

La rose effeuillée

Sur des ruines

L’eau d’un évier

Coulant du robinet

Jusqu’au ruisseau

De la rue.

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D
Oui Guy, à travers ses écrits, ta mère a dû être un personnage hors du commun,  et je regrette de ne pas l'avoir connue de son vivant. Garde bien ses manuscrits, c'est un trésor !
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S
Désolé, ce commentaire a été par mégarde enregistré dans le poème précédent. Je le remets donc à sa place :Merci à Dông Phong, voisin et ami de longue date, d'accueillir sur son site des poèmes oubliés. Mystérieuse et singulière rencontre à travers les mots et les années de deux poètes en harmonie d'inspiration, dans le clair obscur de leur sentiment. La violence des propos prépare le renouveau. Le feu du désespoir a de l'avenir.Guy Savatier.
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