Poèmes bilingues français-viêtnamiens
À
Philippe
Ce fut lors du congé de Pâques
De mil neuf cent soixante deux,
Après un hiver rigoureux
Dont le froid m’était effroyable,
Tu m’as gentiment invité,
Moi qui grelottais esseulé
Dans la banlieue de Paris,
Où je n’avais que peu d’amis.
De ta maison en bord de plage,
Tu me dévoilas la Bretagne,
Sa mer aux grands vents de travers,
Ses calvaires près des abers,
Son beurre salé et ses crêpes,
Ses chants qu’on écoutait aux vêpres,
Et ses contes drôlement fous
Qui narrent le célèbre ankou.
Oh, il ne faisait pas très beau
À Portsall et Ploudalmézeau,
Immergés dans un long crachin
Qui me rappelait mon Tonkin,
Mais par ta chaude amitié
Je me sentais bien réchauffé,
Et quand j’y repense aujourd’hui,
J’en suis encore tout ému.