Poèmes bilingues français-viêtnamiens
De la Pointe du Raz
à Margaux et Clément
Même après la Pointe du Raz
Majestueuse dans son glaz1,
La terre ne finira pas,
Elle s’en va très loin là-bas,
Grâce aux bateaux et aux marins
Qui, en poursuivant leur destin,
Voguent sur tous les océans,
Jusqu’à mon Extrême Orient.
Grâce à eux, moi jeune piaf,
Je goûtais au pâté Hénaff
Et au fameux beurre salé,
Que je devais bien étaler
Sur des tranches de pain français,
Car chez nous ils étaient trop chers,
Et nous n’avions pas d’argent
Pour en acheter très souvent.
Puis un jour débarqua aussi
Un moustachu fort érudit,
Le bon Monsieur Pouliguen,
Venu de son pays bigouden,
Un bien charmant instituteur
Qui nous disait avec bonheur :
‘‘Ô gens du pays, n’ayez plus peur
Des blancs rapaces exploiteurs !’’
Chère Margaux et cher Clément,
En peu de mots, voilà comment
J’ai connu les Bretons, vraiment !
1. Merveilleux mot breton signifiant à la fois le bleu de la mer et le vert de la terre.