Đặng Thế Phong (1918-1942), un grand compositeur de « nouvelle musique » du Vietnam (1)
Chers ami(e)s,
Après ma présentation de la nouvelle musique du Vietnam à travers Đinh Nhu (15/10/2009), en voici la suite logique avec Đặng Thế Phong, considéré comme l’un des plus grands compositeurs de cette musique occidentale qui s’est installée définitivement dans le pays à partir des années 1930.
Né en 1918 à Nam Định (dans sud du delta du Fleuve Rouge), Đặng Thế Phong perdit très tôt son père, un petit fonctionnaire du Bureau des Enregistrements de la ville. Ainsi, sa famille étant appauvrie, il dut quitter le collège Saint Thomas d’Aquin pendant sa deuxième année d’étude pour se lancer dans divers « petits boulots ».
« Monté » à Hanoi, il y vivotait jusqu’en 1939 en fournissant des dessins à plusieurs journaux, tout en suivant des cours, en tant qu’auditeur libre, à l’École Supérieure des Beaux Arts, où le célèbre peintre Victor Tardieu (1870-1937), qui fonda cette école en 1925, remarquait sa prédisposition exceptionnelle pour la peinture.
En même temps, Đặng Thế Phong s’intéressait à la nouvelle musique, en voyageant beaucoup pour gagner sa vie. On le trouva en février 1941 à Saigon, puis à Phnom Penh (Cambodge) où il donnait des leçons de musique.
Revenu à Hanoi dès août 1941, il fut reconnu comme un compositeur très prometteur avec la chanson Đêm thu (Nuit d’automne) écrite en 1940 pour un « feu de camp » des lycéens hanoïens. Sa deuxième chanson, Con thuyền không bến (La barque sans port d’attache), écrite en 1941 à Phnom Penh, reçut un accueil enthousiaste lorsqu’elle fut chantée à l’Olympia de Hanoi.
Enfin, il composa sa troisième chanson Giọt mưa thu (Gouttes de pluie d’automne) en 1942. Mais il souffrait déjà de la tuberculose qui allait l’emporter cette même année, à l’âge de 24 ans.
Bien qu’il n’ait composé que trois chansons dans sa courte vie, Đặng Thế Phong a grandement influencé des générations de compositeurs vietnamiens dont, par exemple, Trịnh Công Sơn qui s’inspira ultérieurement de Giọt mưa thu pour écrire sa chanson Ướt mi (Cils mouillés, publiée ici le 25/09/2008).
Đông Phong
Source : http://vi.wikipedia.org/wiki/%C4%90%E1%BA%B7ng_Th%E1%BA%BF_Phong
Đêm thu
Đặng Thế Phong, 1940
Vườn khuya trăng chiếu
Hoa đứng im như mắc buồn
Lòng ta xao xuyến
Lắng nghe lời hoa
Cánh hoa vương buồn trong gió
Áng hương yêu nhẹ nhàng say gió lay
Cành sương nặng trĩu
Ru bóng đêm trong ánh vàng
Màn đêm buông xuống
Mái im triền miên
Bóng cô đơn dường thao thức
Mãi trong đêm nặng sầu thương hồn vương
Qua lá cành
Ánh trăng lan dịu dàng
Ru hồn bao nhớ nhung
Đêm lắng buồn
Tiếng thu như thì thầm
Trong hàng cây trầm mơ
Làn gió lướt tới cuốn đưa hồn ta phiêu diêu theo mây trắng trôi lờ lững
Ngàn muôn tiếng réo rắt côn trùng như than như van mơ hồ theo gió lan
Trăng xuống dần
Cỏ cây thêm âm thầm
Đông buồn trong ánh sao
Như chiếu nhìn mắt ta bao lạnh lùng
Lay hồn ta rồi tan
Traduction par Dông Phong :
Nuit d’automne
La lune illumine le jardin dans la nuit avancée
Les fleurs s’immobilisent comme attristées
Troublé mon cœur
Écoute les fleurs
Les pétales paraissent si tristes dans le vent
Et leur cher parfum enivre le vent doucement
Les branches alourdies de rosée
Bercent la nuit dans la lumière dorée
La nuit tombe immense
Les toits se murent dans un grand silence
Une ombre solitaire ne dort pas
Et son âme se traîne dans la désolation profonde de cette nuit-là
À travers les feuilles et les branches
La lune doucement s’épanche
Berçant l’âme de tant de nostalgies
La nuit s’enfonce dans la mélancolie
L’automne bruit comme des murmures
Dans les arbres plongés dans un rêve qui dure
Une brise emporte mon âme s’aventurer vers les nuages blancs nonchalants
Tragiquement dix mille insectes se lamentent et supplient indistinctement dans le vent
La lune descend petit à petit
La végétation ne fait plus aucun bruit
Et l’orient qui se désole dans le reflet des étoiles
En éclairant mes yeux de sa lumière si froide
Remue mon âme puis s’évanouit
On peut écouter plusieurs versions de cette chanson sur http://mp3.baamboo.com/s/1/1/xJDDqm0gVGh1/Dem-Thu